Des témoignages qui nous encouragent à poursuivre les sessions de psychoéducation

5 Fév 2022 | Actualités, Témoignages

Mardi 14 décembre, nous avons bouclé la dernière séance de notre programme de psychoéducation. Un rendez-vous de deux heures tous les mardis soir pendant dix semaines, ça crée forcément des liens….

Le programme était dense : 6 modules en tout. Il y a tant de choses à apprendre sur ce trouble (critères diagnostiques et symptômes, troubles concomitants, traitements) ; sans parler des habiletés et compétences à acquérir pour gérer les crises, mieux communiquer avec notre proche et prendre soin de nous !

A l’heure du bilan, les témoignages font chaud au cœur. « Quand j’ai démarré la formation, nous dit Béatrice, j’étais perdue en plein désert. Complètement asséchée, je ne savais plus à quoi me raccrocher ni vers qui me tourner. Avec le programme de Connexions Familiales, j’ai trouvé une oasis, et ce n’était pas un mirage ! »

Jean-Christophe nous dit qu’avant de suivre le programme, il marchait dans un tunnel dont il essayait de sortir mais qui s’allongeait sans cesse. Les rendez-vous hebdomadaires de Connexions Familiales lui ont permis de voir des lumières au bout de ce long tunnel. Il y a également trouvé des clés et de l’assurance pour comprendre la maladie et l’affronter.

Laurence, elle, était au fond d’un puits. Elle avait beau essayer, elle n’arrivait pas à en sortir. « Je ne connaissais pas la maladie, et je vivais au rythme des hospitalisations, avec des hauts et des bas. J’étais complètement déprimée. Grâce à la formation de Connexions Familiales, j’arrive aujourd’hui à prendre du recul. J’ai découvert une nouvelle façon de voir et de penser les choses. Je suis moins impulsive, je réfléchis, j’écoute et je me sens apaisée. J’étais au fond du trou, et aujourd’hui, il y a plein de petites cordes à nœuds qui m’aident à remonter.»

Lucy nous raconte qu’en rejoignant Connexions Familiales, elle a eu l’impression de passer du Moyen-Age à la Renaissance. Après des années où tout était sombre et noir, elle s’est sentie moins écrasée. « Cette formation, je l’ai accueillie comme une porte ouverte sur un nouveau champ des possibles. L’esquisse d’une renaissance qui s’est imposée à moi dès le début s’est enrichie au fil des séances. C’est aujourd’hui un tableau de plus en plus coloré. Bien sûr, il y a beaucoup de travail à faire avant d’intégrer toutes les leçons de Connexions Familiales mais ce que vous m’avez apporté, c’est énorme ! Merci pour votre dévouement et tout le travail de réflexion qui est derrière tout ça ! »

Quant à Thibault, c’est l’image d’une météo changeante et très instable qui lui vient à l’esprit pour décrire son vécu avant la formation. Ça ressemblait beaucoup aux giboulées de mars, beau temps le matin, pluie et grêle l’après-midi, avec plein de brouillard par intermittence. Dix semaines plus tard, Thibault est conscient qu’il lui reste encore beaucoup de chemin à faire. « Je dirais que ça ressemble à un début de printemps ou d’été. Il y a encore quelques bourrasques mais le temps est plus stable et plus agréable. »

Béatrice F était elle aussi au fond d’un puits au début. Elle avait commencé à se renseigner sur le trouble et un psychiatre l’avait prévenue que ce serait long. Désormais, elle a des clés pour mieux aborder les problèmes. Et même si elle sait qu’elle devra être patiente et qu’il y aura des rebondissements, elle se sent plus armée pour les interpréter. « Je vous remercie pour la qualité de votre écoute. Merci aussi de nous avoir dit qu’il fallait prendre soin de nous. Jamais aucun psychiatre ne me l’avait dit.  Et les rares fois où j’ai pensé à moi, il y a toujours eu quelqu’un pour me le reprocher

Avant de commencer la formation, Marie-Christine assimilait sa vie à une fleur fanée. Elle avait bien trouvé quelques informations sur le trouble, mais « rien à voir avec les explications qu’une association comme la vôtre a pu m’apporter. Cela a été un vrai bonheur de faire la connaissance de Connexions Familiales. J’apprends à voir les choses différemment. Je fais beaucoup plus confiance à mon fils et ça me conforte dans ce que j’avais mis en place. Aujourd’hui, la fleur est ouverte et épanouie. » Et Richard de rajouter : « Moi aussi, j’étais dans le brouillard faute d’informations. Vos explications nous ont permis d’avancer. On ne se sent plus seul face à cette pathologie. Certains problèmes se rejoignent. J’y vois plus clair. Merci à tous ! »

Noémie constate que les choses ont bien changé aussi pour elle entre le début et la fin de la formation. « Avant, ma sœur et moi, nous avancions sur la même route, main dans la main, mais c’était compliqué. Aujourd’hui, chacune suit son propre chemin et ça marche beaucoup mieux comme ça. On s’autorise à prendre du temps pour soi et on ne se reproche plus de ne pas s’entraider 24 h sur 24 ».

Pour Isabelle, le brouillard reste encore assez épais et le chemin encore long. « Il y a de petites éclaircies de temps en temps. Je ne suis plus totalement désespérée. Il y a des jours où je me dis que je ne vais pas y arriver, mais après une nuit de sommeil, la vie continue. J’ai appris pas mal de choses. Je suis moins dans le jugement. Mieux comprendre le trouble, ça m’aide beaucoup et je vous remercie

Après avoir participé au groupe en tant qu’observateur, Satchel, jeune psychiatre, résume ainsi ce qu’il retire de son expérience : « Je me sens plus proche des familles : avant, on était deux dans le bateau avec mon patient. Maintenant, il y a les proches qui rament avec nous et essaient de faire de leur mieux. Je vois mieux comment être tous partenaires. J’ai d’ailleurs parlé dans ma thèse du temps qu’il fallait consacrer aux proches. Je vois mieux leur culpabilité et comment la prendre en compte, je pense. »

Des retrouvailles sont prévues le 8 février pour faire le point. Et tous les participants qui en éprouveront le besoin pourront se retrouver à intervalles réguliers pour échanger et se soutenir mutuellement.